Japon
Une DS19 Pallas dans "Sekai
no Jidosha '65" (" Automobiles
du Monde 1965", publié par
Asahi Shimbunsha). Une Ami
et une Panhard sont visibles
en arrière-plan, dans ce qui
est probablement le "Hall
d'Exposition" installé pendant
un temps par la section
économique de l'ambassade
de France au rez-de-chaussée
de l’immeuble de la banque
Indosuez à Akasaka. La
légende de la photo donne un
éclairage intéressant: "La
Citroën DS19 Pallas ; elle ne
semble pas se vendre
beaucoup, à cause de son
positionnement fiscal".
"La hauteur de la voiture change ! Haute sur les chemins, basse sur
autoroute" (in "Automobiles du Monde 1965", Asahi Shimbunsha)
La première décapotable arrivée au Japon, sur base DS21, est
exposée lors du 10ème Salon de l'Auto de Tokyo, en novembre
1968 (Car Graphic, janvier 1969).
La contribution d'un lecteur au concours photo du "Motor
Magazine" de juillet 1959. Une DS "américaine", dans
ce qui ressemble bien à un show-room.
En haut et en bas: en juin 1961, la DS assure une présence pour
la première fois au Salon de l'Auto de Tokyo, juste à temps pour la
libéralisation des importations automobiles (Jidosha Dokuhon,
août 1961)
"La voiture de rêve du monde entier"  (in "Album des automobiles
importées 1963", publié par Kotsu Mainichi Shimbunsha)
"Une des plus célèbres voitures du monde" (in "Le grand Album de
l'Automobile étrangère 1964", Nikkan Jidosha Shimbunsha)
"Une des plus célèbres voitures du monde" (in  "Guide du Salon
International de l'Auto 1962", Nikkan Jidosha Shimbunsha)
La DS relookée, avant et phares modifiés, paraît au 9ème Salon de
l'Auto de Tokyo, en novembre 1967 (Motor Fan, janvier 1968).
Une DS21 Pallas au 11ème Salon de l'Auto de Tokyo, en octobre
1969 (Motor Fan, janvier 1970). Dorénavant c'est Seibu Jidosha qui
est mentionné comme importateur.
En haut à gauche: Hatsuya-san, anciennement directeur chez l'importateur pour le
Japon de Citroën Nichifutsu Jidosha, lors de son interview, publiée dans le "Car
Graphic" de juin 1985. En haut à droite: un lot de DS débarquées dans le port de
Yokohama devant la Marine Tower, été 1961 (photo extraite du livre "Balades dans le
Yokohama des années 60 par un jeune fou de voitures", par Kenji Kikuchi)
"Les militaires américains faisaient
venir beaucoup de voitures, on peut
même dire que c'est eux qui ont créé
le marché de l'occasion ; mais il n'y
avait pas une seule Citroën."
"Alors que faire ? Eh bien, nous avons
demandé au fils du Président de la
société, un Français, d'importer une
DS pour son usage personel. Il a
accepté, et en 1957, il a reçu la voiture,
une ID19."
Pour ceux qui ne suivent
pas les chapitres dans le bon ordre
(c'est malin !), plus de détails sur cette
toute première DS japonaise
ici
"Etant impensable de confier la promotion de la DS aux concessionnaires, nous avons décidé
de commencer par faire une brochure, bilingue anglais-japonais, en nous servant d'articles du
magazine américain "Motor Trend", et nous avons entamé la tournée des journaux et des
compagnies de taxi à travers le pays.
Voir cette toute première brochure japonaise

Mais la voiture était perçue comme trop sophistiquée par ces utilisateurs potentiels, par
nature conservateurs, et le retour ne fut pas très positif."
"Mais certaines personnes étaient très intéressées. Par exemple le Président de Toyo Kogyo
(aujourd'hui Mazda) M. Tsuneji Matsuda était fortement impressionné, il disait que cette auto
avait sept annnées d'avance, et sur sa demande, nous avons apporté la voiture dans l'un de
leurs entrepôts, de l'autre côté du pont Kachidoki, où plusieurs de ses ingénieurs nous ont
attentivement regardé faire baisser ou monter la voiture, changer les roues, etc."
" Ensuite ce fut  Isuzu, dont les ingénieurs ont conclu qu'ils pourraient faire la même. En
réalité je ne pense pas qu'ils en auraient été capables; d'abord à cause de tous les brevets,
et puis parce que si la voiture n'a toujours pas été copiée aujourd'hui, plus de 20 ans après,
c'est bien parce que la technologie hydro-pneumatique ne se copie pas."
"A l'époque, en 1957, j'avais décidé de
changer de travail, et m'intéressant  au
commerce international, je suis entré dans
une société appelée Nichifutsu Boeki
(Import-export Franco-japonais). Elle était
alors domiciliée dans un immeuble chic
d'Akasaka, devant le temple Toyokawa
Inari, et le rez-de-chaussée était réservé
aux pièces détachées Citroën. Devant
l'escalier qui menait à l'étage il y avait une
photo stupéfiante: une DS19, avec l'actrice
italienne Gina Lollobrigida. Etant ingénieur,
je me suis senti immédiatement attiré par
cette voiture."
"Dans le même temps, nous faisions
paraître une publicité dans le Asahi
Evening News (un quotidien de langue
anglaise) du vendredi, dans laquelle
nous annoncions que nous allions
bientôt importer la DS19. Un jour, un
colonel américain du nom de Pew ( ?
transcription phonétique du japonais)
appela, et dit qu'il en voulait une. Ce
devait être l'esprit pionnier de
l'Amérique, toujours prête pour la
nouveauté... Nous avons enregistré sa
commande, et sa voiture débarqua au
Japon en décembre 1958. Nous avons
ouvert la caisse sur le quai Sud du port
de Yokohama, et nous avons
commencé par lire le manuel
d'utilisation. Puis, manuel toujours en
main, nous avons démarré le véhicule
et enclanché la première. Mais nous
avons réalisé tout-à-coup que nous ne
savions pas nous servir de l'étrange et
minuscule pédale de frein, et la voiture
faillit se retrouver dans l'eau !"

"L'acheteur était sympathique, et
comme il voulait faire connaître la
voiture, il accepta de nous la prêter de
temps à autre. Nous avons alors mis
une autre annonce dans le Asahi
Evening News, le samedi, proposant un
essai gratuit de la DS. A partir de ce
moment-là, nous avons régulièrement
organisé ces essais, 2 ou 3 fois par
semaine, surtout pour des Américains
des bases de Yokota, Johnson et
Yokosuka, et nous avons commencé à
recevoir des commandes."

"Quelques années plus tard nous
vendions 4 ou 5 voitures par mois.
L'entretien était assuré par Terayama
Jidosha (Automobiles Terayama), et
par M. Ikuta, qui avait appris par
lui-même au début, mais que nous
avons ensuite envoyé en formation
pour 3 ou 4 semaines à Saïgon, où il
y avait une succursale Citroën. Par la
suite il nous a aidé à mettre en place
une autre filiale à Shimoochiai,
Nichifutsu Jidosha Seibi (Entretien
Automobiles Franco-japonaises)."
En haut et en bas: la publicité pour la DS dans la presse japonaise
a été relativement limitée ; à ma connaissance il n'y a pas eu de
campagne spécifique dans les magazines, et la DS n'apparaît que
dans des encarts pour la marque Citroën dans des albums ou
hors-séries de magazines. Tous ces encarts montrent le nom et
l'adresse de l'importateur Nichifutsu Jidosha (Automobiles
Franco-japonaises) et du réseau de ventes.
En haut : "Citroën, un autre nom pour le tout-à-l'avant" (in "Grand
Album des automobiles importées 1967, Nikkan Jidosha Shimbun)
L'importateur de
Citroën, Nichifutsu
Jidosha, a commencé à
promouvoir activement
la DS en 1958. Pas
facile, lorsque très peu
de personnes étaient
capables, et même
avaient tout simplement
le droit, d'acheter une
voiture importée.  
Hatsuya-san, au coeur
de l'action, se rappelle
les temps héroïques.
"Puis, en 1962, l'importation de
voitures fut déréglementée. Les
voitures pouvaient être vendues aux
enchères; nous avons fixé le prix de
la DS à mi-chemin entre la plus haute
enchère et le prix auquel nous
l'importions nous-memes, ce qui
devait être de l'ordre de 2,3 millions
de yen si ma mémoire est bonne."
"Les ventes n'ont finalement pas
vraiment augmenté; mais elles étaient
régulières. Nichifutsu Jidosha avait
déménagé à Aoyama entretemps, et
nous avons créé quelque temps plus
tard une autre filiale appelée
Nichifutsu Jidosha Hanbai (Ventes
Automobiles Franco-japonaises).
Mais pour diverses raisons, en 1969,
les droits de représentation ainsi que
l'ensemble du personnel furent
absorbés par un autre importateur
automobile, Seibu Jidosha
(Automobiles Seibu). Les ventes
étaient bonnes à l'époque de la GS,
nous avons écoulé 6,000 exemplaires
de ce modèle, ainsi qu'environ 150
SM."

Hatsuya-san ne donne pas de chiffre
de ventes total pour la DS au Japon ;
mais il est clair qu'à partir du moment
où Seibu Jidosha reprit le flambeau
en 1969, l'effort de promotion se
porta sur d'autres modèles de la
gamme. Au final, et en tenant compte
de ce que m'ont dit les spécialistes
de Citroën au Japon, on peut estimer
qu'entre 500 et 1,000 "séries D" ont
du être vendues au Japon à cette
période. Mais il faut noter que la
plupart des DS que l'on peut voir
aujourd'hui dans le pays sont des
importations beaucoup plus récentes.
Page créée 13/04/2008
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"L'importation de voitures était alors limitée à certaines utilisations précises, en particulier
pour les forces d'occupation américaines, les ambassades ou les organes de presse. Mais
pendant une courte période, vers 1952-1953, il avait été possible de faire venir des voitures
de l'étranger, et environ 400 Citroën, des 2CV et des 11CV, avaient été vendues. La plupart
avaient servi comme taxis, et se trouvaient dans un état pitoyable. En tant que propriétaire
des droits de représentation de la marque Citroën, notre filiale Nichifutsu Jidosha
(Automobiles Franco-japonaises) devait assurer la fourniture de pièces à leurs propriétaires."
Ci-dessus: la toute première publicité parue dans un journal
japonais, quelques jours après la présentation officielle de
l'auto à la presse, dans un quotidien de langue anglaise
(Japan Times, 1er septembre 1958).
ici