Deux clichés du garage Paris-Bangkok dans les
années 70. A gauche, Jacques Nabart, qui y a travaillé
comme comptable pendant une dizaine d’années,
prend la pose devant un superbe break "Citroën
Service" (juin 1976, doc. J. Nabart).
La photo ci-dessus est datée de novembre 1972 et
montre aussi bien la DS que la 2CV en version break
(doc. Th. Hannoi).
Ci-dessus: le show-room de Bara-Windsor, situé à Suan Mali, route de
Bamrung Muang, accueillait aussi bien Citroen que les marques du
Groupe BMC (Austin, etc) (Bangkok Post, 27 octobre 1967).
Ci-dessous : Bara-Windsor expose deux DS, dont un break, dans le
pavillon français de la "Foire Asiatique" de Bangkok. La légende :
"Moderne et élégante, la voiture française est un symbole de
sophistication française". (Bangkok Post, 27 octobre 1967).


La maison Bara-Windsor continua pour
un temps avec un autre constructeur
automobile qu'elle avait commencé à
représenter en 1967, le groupe BMC
(Austin, Morris, Vanden Plas etc), et
encore aujourd'hui gère un petit réseau
de concessionnaires Toyota. Khun
Yodjin pense malgré tout que la DS était
une auto à part, avec une suspension
exceptionnelle, et un style qui reste
moderne. De fait, il conduisait sa propre
DS à l'époque, et il l'appréciait. Mais
au-delà de cette fameuse clause dans le
contrat, il regrette que les routes
poussiéreuses aient été si impitoyables
pour le système hydraulique, et
considère qu'il y avait simplement trop
de problèmes pour pouvoir réussir à
vendre la DS en Thaïlande.
Khun Yodjin continue: "Les ventes n'ont jamais vraiment décollé, et au total, ce fut un échec
total, et une perte financière. Nous nous sommes plaints plusieurs fois amèrement auprès de
Citroën, en leur demandant de supprimer cette clause du contrat, sans
succès. Finalement, nous avons fini par abandonner, et Paris-Bangkok a repris la
représentation." (Khun Yodjin ne se souvient pas de la date précise ; cela devait être en 1969).
"L'idée de commencer
l'importation et la vente de
Citroën venait de Khun Aree, qui
travaillait avec moi, et qui
connaissait Khun Paris." Khun
Yodjin pensait naturellement que
le marché automobile
constituerait une bonne
opportunité de croissance et de
diversification pour sa société,
qui représentait déjà plusieurs
sociétés étrangères en
Thaïlande. La Direction de
Citroën avait donné son accord,
jugeant manifestement que M.
Paris n'avait pas les moyens
financiers de faire croître les
affaires par lui-même..
"Mais il y avait une condition :
l'entretien et la réparation
devaient être faits exclusivement
par Paris-Bangkok, et cela a été
fatal."
Khun Yodjin explique que les
clients étaient surfacturés, pour
ne pas dire "arnaqués" pour ces
services, et à cause de cela, les
clients en colère se détournèrent
rapidement de la marque.
Certains étaient si mécontents
qu'ils refusaient de rembourser
les emprunts faits à
Bara-Windsor pour l'achat de la
voiture...
Ci-dessus, à gauche: en mars 1966, Bara-Windsor, "l'une des plus anciennes et plus respectables firmes de
Bangkok", clame sur les huit pages d'un supplément au Bangkok Post sa fierté d'avoir été choisie pour représenter
Citroën en Thaïlande. La légende de la photo identifie la jeune femme comme étant "l'artiste de Bangkok Mary
Cavacos"; à droite: alors respectivement Directeur Général Adjoint de Bara-Windsor, Yodjin Uahwatanasakul (à
gauche), et son "Responsable de la Division Automobile", Aree Suntanaphan, devant les panneaux publicitaires de
sociétés européennes qu'ils représentaient déjà en Thaïlande : les allemands Hoechst et BASF (Bangkok Post, 27
mars 1966).
Ci-dessous : Bara-Windsor a plus dépensé en publicité que Siam Motor Supplies pour promouvoir la DS, "la voiture du
connaisseur" (Bangkok Post, 28 octobre et 24 novembre 1967).
Ecoutons maintenant le Dr. Yodjin Uahwatanasakul, PDG du Groupe Bara-Windsor, l'une des
maisons de commerce les plus connues de Thaïlande, que j'ai également pu rencontrer, en
novembre 2009. Khun Yodjin est l'héritier d'une famille sino-thaïe respectée, bien connue pour
ses succès en affaires et ses activités charitables.
Mais les choses n’ont pas été aussi simples bien sûr. Jacques Paris ne se souvient pas avoir eu
de relations conflictuelles avec Bara-Windsor, tout en admettant que les réparations et la
maintenance revenaient cher, à cause du coût des pièces vendues par Citroën. Quand Bara-
Windsor jeta l’éponge, en plus de son garage "Paris-Bangkok", il créa une nouvelle société
nommée Thai Inter Motors, qui devint le seul importateur de la marque.
Les deux sociétés
furent relogées dans
les faubourgs nord de
Bangkok, sur la route
de l'aéroport Don
Muang. Cette route
était alors appelée
"Super Highway",
correspondant à la
Viphavadi Rangsit
d'aujourd’hui. Cette
photo montre
probablement le
premier bâtiment,
juste à côté du siège
du quotidien "Thai
Rat" ; les activités
furent ensuite
transférées de l’autre
côté de la route, Soi
Chokchai, jusqu’à la
fermeture au début
des années 2000
(doc. Th. Hannoi).

Ci-dessus à gauche: sur cette publicité de juillet 1968, le garage Paris-Bangkok, encore à son ancienne adresse rue
Wireless non loin de l’ancienne agence Siam Motor Supplies, n’étant pas autorisé à vendre en Thaïlande, ne pouvait que
promouvoir les ventes "à domicile" (c’est-à-dire pour les expatriés retournant dans leur pays, en Europe par exemple). A
droite : sur cette publicité datée du 13 décembre 1969 (Thai Rat), Thai Inter Motor est maintenant l’agent "exclusif" pour
Citroën ; les marques Maserati, Auto Bianchi et Berliet ont été ajoutées au portefeuille (doc. Th. Hannoi).

















Ci-dessus: une DS est exposée au premier Salon de l’Automobile organisé en Thaïlande, en décembre 1971. La
deuxième personne à partir de la gauche est une "célébrité" de l’époque, Mom Kobkaew Apakorn, surnommée
"Madame 2,000 ans" pour sa beauté (?). Deuxième à partir de la droite, Poon Polasit, alors responsable des Ventes de
Thai Inter Motors. Ce fut la première et dernière participation de la DS à un salon de l’auto en Thaïlande. (doc. P. Polasit).
A gauche: "La nouvelle Citroën
DS21, disponible ici, maintenant"
(Bangkok Post, 2 juin 1966).
Ci-dessus : la DS restylée
("modèle 1968") dans cette
publicité datée du 25 mars 1968
(doc. Th. Hannoi).
En octobre 1993, le magazine vernaculaire "Auto-Mag" publia un reportage
sur Paris-Bangkok, qui venait d’être repris par un nouveau propriétaire, Khun
Prinya. Ces photos sont extraites de ce reportage, à l’exception de celle de
Khun Prinya en bas à droite (juillet 1993, doc. Th. Hannoi).
Ci-dessus: Vente hors-taxes ?
Peut-être pour les diplomates et
autres acheteurs privilégiés ?
(Bangkok Post, 26 juillet 1970).
A gauche : Thai Inter Motors
propose un essai de conduite
pour la gamme Citroën de 1971 :
SM, GS et DS21 (Grand Prix, avril
1971). "Souplesse. Confort de
conduite. Sécurité. L’idéal pour le
conducteur raffiné", dit la légende.
A droite: la DS commence à faire
son apparition dans les
annonces pour voitures
d'occasion... (Bangkok Post, 27
mars 1971).
Ci-dessous : cette carte de visite
de Paris-Bangkok montre
comment trouver le garage sur
Soi Chokchai, près de la route
"Super Highway" (= route
Viphavadi Rangsit, reliant
l'aéroport au centre de Bangkok).
Des panneaux Citroën
autrefois utilisés dans le
garage Paris-Bangkok.
A gauche : "Service de
qualité garanti" et à droite :
"Pièces d’origine" (doc. P.
Savetchati).
En 1966 il était devenu clair que Siam Motor Supplies n’avait pas les moyens financiers de
développer les ventes de Citroën. Une autre maison de commerce, Bara-Windsor, s’y essaya ;
mais finalement Jacques Paris reprit l’affaire, via de nouvelles sociétés créées à cet effet.
Ci-dessus: les rues de Bangkok, avec leur poussière et leurs
nids-de-poule, n'ont pas été tendres envers la constitution
délicate de la DS. Mais, que voyons-nous en bas à droite de
cette photo de la Route Rama 4 en construction ? Eh oui !
(Bangkok Post, 4 septembre 1969).
Finalement, et même si Jacques Paris n’a pas gardé beaucoup de souvenirs, il semble bien
qu'au tournant des années 70 les ventes ne progressaient plus. Les publicités indiquent que
l'effort se porta sur la GS, puis la CX, sans oublier la SM. En 1977, faisant face à
l'augmentation des droits de douane et à la nécessité d’assembler les véhicules localement
afin de les contourner, Citroën accepta de transférer les droits de représentation au groupe
automobile Yontrakit, qui assembla localement la CX, la GS et la BX, et qui continue encore
aujourd’hui à assurer la distribution des modèles du groupe PSA en Thaïlande.
Pendant ce temps, le garage Paris-Bangkok continua à entretenir des Citroën, jusqu’à très
récemment, même s’il a changé de propriétaire entretemps.
Thaïlande
Ci-dessous, deux photos du garage Paris-Bangkok prises par votre serviteur en décembre 2001. Il appartenait alors à
Khun Passporn Savetchati, auparavant son comptable, qui le reprit en 1999. Le nom "Paris-Bangkok" revenait encore
régulièrement à cette époque quand on demandait où on pouvait faire réparer une ancienne Citroën à Bangkok.
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Page créée le 04/02/2010, révisée le 18/06/2011