Vietnam
Do Van Chanh n'a pas une DS, il en a
trois. Il les a récupérées il y a une dizaine
d'années, quand plus personne ne savait
qu'en faire. Si vous lui demandez pourquoi
il a fait cela, il vous répondra "Mais voyons,
parce qu'elles le méritent."
Chanh, qui prend la pose avec Madame
devant sa résidence à Ho Chi Minh Ville,
est architecte. Son père avait une DS vers
la fin des années 60, qui lui fut confisquée
en 1975 par le nouveau pouvoir. Il explique
que toutes les voitures haut-de-gamme
furent données ainsi du jour au lendemain
aux officiels de haut rang du nouveau
régime, mais qu'au bout d'un moment, en
raison du manque de pièces et de
savoir-faire, elles furent abandonnées.   
Ses trois DS étaient plus ou moins
abandonnées quand il les a récupérées il y
a dix ans. Leur histoire n'est pas connue;
pour ne rien arranger (ou pour que ce soit
encore plus amusant à démêler), très
souvent au Vietnam, le numéro de série
trouvé sur la voiture (quand la plaque
d'identification existe encore) ne correspond
pas aux caractéristiques de l'auto ! Il semble
que la restauration consiste bien souvent à
assembler des pièces provenant de
plusieurs voitures. Qu'en pense Chanh ?
"Bien sûr que c'est ce qu'on faisait !
Comment aurait-on fait autrement ?"
Selon le numéro de châssis (en bas à gauche ; type de
plaque assez inhabituel au demeurant), la première DS
de Chanh devrait être une DS21 de production belge.
Avec ce type de phares ???
En fait, Chanh explique qu'il a échangé pas mal de
pièces avec sa deuxième DS, qui selon le numéro (en
bas à droite), devrait être une ID19 de 1960. Mais là non
plus, ça ne correspond pas au style post-1964 (photos
du haut)...  Aarghh ! Bon, bref, passons.
En haut: la deuxième DS de Chanh, qui sert surtout pour les pièces. En bas: la troisième DS, qui repose
tranquillement dans sa propre chambre dans la maison. Pas d'indication d'année ou de modèle.
Intéressants surmoulages alu sur les
passages de roues. Absolument pas
d'origine évidemment, mais j'ai vu pire.
Et au fait, Chanh est aussi l'heureux propriétaire d'une "La Dalat", une production locale
Citroën sur base Méhari, démarrée à Saïgon en 1970. Chanh devait s'attendre à ma
question sur le double chevron à l'envers sur la grille : "C'est fait exprès, c'est pour faire le
"V" de la victoire !". Aarghh ! Bon, bref, passons.
Page créée le 13/04/2008
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